
L’Idate a réalisé pour le compte de l’Hadopi, de décembre 2011 à février 2012, une étude pour décrire et analyser les modèles économiques en France des sites de streaming et de téléchargement direct (DDL, pour direct download) « communément admis comme illicites ». Ce qu’il faut en retenir.
Le streaming était plus dynamique que le DDL jusqu’à la fermeture de Megavideo
L’étude note qu’en 2011 le marché a fortement évolué. Autrefois dominé par le DDL, il a connu une forte montée en puissance du streaming. De nouveaux services ont fait leur apparition, comme Videozer et VideoBB, qui d’après les données d’audience fournies par Alexa est devenu le deuxième acteur du marché. La situation s’est renversée après la fermeture de Megaupload : le DDL a repris le dessus.
Attaqué sur le choix d’Alexa – un outil dont la fiabilité est contestée – pour mesurer les audiences, notamment par Numerama, l’Idate répond qu’il ne s’est basé sur ces résultats que pour mesurer l’audience relative des sites les uns par rapport aux autres.
DDL et streaming de vidéos : le classement des sites
Téléchargement direct : selon une estimation IDATE basée sur des données fournies par Alexa, MegaUpload représentait environ 50% du nombre total de pages vues sur les sites de téléchargement direct en France entre le 11 décembre 2011 et le 11 janvier 2012. Arrivent ensuite FileServe, (opéré par la même société Hongkongaise que VideoBB et Videozer) et DepositFiles (10%), puis RapidShare et MediaFire (9% et 7%). 4shared, un des plus gros acteurs mondiaux, très populaire dans les pays émergents, ne se classe qu’en sixième position en France.
Streaming : le 11 janvier 2012, MegaVideo comptait pour 55% du nombre de liens renvoyant vers des liens référencés par DPstream, Streamiz et Streamania. Venaient ensuite VideoBB (20%), Videozer (13%), MixtureVideo (5%) et StageVu (4%).
Le marché s’est « professionnalisé »
L’Idate a observé la professionnalisation des sites de streaming et de DDL au cours de l’année passée, tant au plan de la constitution d’une offre plus attractive que des modèles économiques. Des systèmes de rémunération des internautes postant des contenus (proportionnelle à la durée des vidéos postées) ont été mis en place, par exemple chez FileServe, Uploaded et FileSonic (jusqu’à 40 dollars pour 1000 vidéos téléchargées ou 10 000 vidéos vues). Les sites de référencement des contenus sont eux aussi rémunérés quand ils génèrent des abonnements payants, via un système d’affiliation. Ces sites de référencement ont par ailleurs introduit massivement la publicité, ce qui n’était pas le cas aux débuts du DDL. « Avant, on était plus dans le communautaire et l’amateur », précise Gilles Fontaine, directeur général adjoint de l’Idate. « L’ensemble de ces pratiques a rendu le marché très concurrentiel ».
Les abonnements premium sont la 1ère source de revenus
D’après un sondage auquel l’Idate fait référence, 8% des utilisateurs de Megavideo payaient pour ouvrir un compte premium, qui permet de profiter des pleines capacités du service (débit et capacité de stockage supérieurs, levée de toutes les limitations…). C’est « de loin la première source de revenus » pour les sites de streaming et de DDL, affirme l’Idate.
La publicité est évaluée à moins de 20% de leur chiffre d’affaires. Dans le secteur, c’est le principe du « qui se ressemble s’assemble ». Les sites de streaming et de DDL, qui évoluent dans une zone grise, font affaire avec des annonceurs du même type : porno, jeux d’argent, rencontres érotiques… C’est un peu moins vrai pour les régies qui servent d’intermédiaire : on retrouve quand même Weborama, Valueclick, Yahoo ou encore Tradedoubler.
Annuaires de liens: leur modèle économique remis en cause
Le principe des sites de référencement est de fournir des liens permettant de télécharger ou de visionner des contenus sur les sites de téléchargement ou de streaming. Mi-janvier 2012, selon un pointage de l’Idate sur les 25 principaux sites cataloguant des contenus en français, les sites de référencement de contenus en streaming proposaient en moyenne 15 000 films, 500 séries et 500 mangas. Leur catalogue doublait chaque année. L’Idate a répertorié plus de 25 000 sites pointant vers des contenus de Megavideo dans le monde.
Le premier site en France s’appelle DPstream (1,3 million de visiteurs uniques selon Médiamétrie en décembre 2011). Le deuxième est Streamiz. Le troisième, AlloshowTV, a été fermé par une action judiciaire des ayants-droit.